Les pavés du XXéme

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Les pavés du XXéme

Message  colombeau le Mer 29 Avr - 20:33

Lyse attaque (le groupe Louise Attack est une référence à Louise Michel) avec un pâté d'olives. On retrouve bien les senteurs de la livèche et du rumex. On le déguste avec un petit Monbazillac - En 43 Laval aurait dit "mon Brazillac"

1."Pas pleurer" Lysiane Salveigne Goncourt 2014 : Bernanos pourtant catholique et monarchiste est choqué par le rôle de l'Eglise pendant la guerre civile espagnole laissant perpétrer le massacredes "mauvais pauvres", ses récriminations se mêlent avec celles de la mére de l'auteure qui doit quitter l'Espagne.

2."Le Roi disait que j'étais diable " Clara Dupont Monot (qu'on entendait sur france inter avant la grève).

Les premières années du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Louis VII, il fit tout pour lui plaire : chasser sa mère et même tuer - apparait là un de nos thème récurrents de la soirée :" uxoriorité ". Elle préfère la poésie et les troubadours, elle lui donnera deux filles ; plus tard elle épouse Henri Plantagenêt et sera la mère de Richard cœur de lion et Jean sans terre. On a déjà parlé et on reparlera de son destin exceptionnel poitevin, féministe et franco-anglais comme notre cercle, plaçons nous sous sa bannière.

3. Elle nous parle de livres achetés au mètre comme celui qu'elle a retrouvé sur la jeunesse de 1970 préfacé par Haroun Tazieff, il accumule les poncifs sur la télé, les bagnoles et les "tue temps " on y parle sans commisération de la mort des lapins "sa vie n'est que la préparation au civet "

Chacun autour de la table évoque son expérience dans ce domaine et on imite le bruit de la corne du marchand de peaux de lapins.

B. Liliane :

1. « La promesse » de Jean Guy Soumy de Limoges, au temps où le suicide est considéré comme un crime, son auteur représenté par un proche est jugé par un tribunal ; Jeanne s’est défenestrée, si elle est coupable, elle ira dans la fosse commune et c’est Camille, son amoureux, qui la représente…

2. « Danser les ombres » de Laurent Gaudé : à Haïti, un amour naissant est troublé par le tremblement de terre, malgré le séisme, des hommes continuent à lutter et à croire en la fraternité et l’amour.

3. « Le dernier gardien d’Ellis Island », de Gaëlle Josse, fermeture en 54 de ce centre d’immigration, le directeur égrène ses souvenirs : mélancolique et vibrant.

4. « Peine perdue » d’Olivier Adam (auteur de « Je vais bien, ne t’en fais pas ») tempête sur la côte d’azur, vague de catastrophes chez des « petites gens, " noir, c’est noir".

Nous reparle de « Charlotte » de Foenkinos et de ses peintures exposées aux Pays-Bas.

C. René place son intervention sous le double signe conjugué de la démocratie et de la liberté d’expression, c’est ainsi qu’il a lu :

1. La vie de Théophraste Renaudot médecin et journaliste protestant converti au catholicisme il créera la gazette, sous Louis XIII.

2. « Le suicide français » : Eric Zemmour entend démontrer la perte de puissance de l’Etat français sur le pays (économie et immigration)

3. « Pour les musulmans » : Edwy Plenel prend le parti des Français de culture musulmane.

4. « J’accuse » : Emile Zola permet de mieux comprendre les deux ouvrages précédents

5. « L’arbre d’amour et de sagesse », d’Henri Gougaud, où il est encore question d’un homme qui perd son identité pour l’amour d’une femme.

6. « La propagande du quotidien » : Eric Hazan étude sémantique de la langue des dirigeants de la cinquième République

Il se trouve que notre invité du jour Henri connait personnellement l’auteur (ils ont été tous les deux les assistants de Jean Mathé à Laennec, excusez du peu)

Il connait bien aussi Amin Maalouf dont on parlera plus tard (notre cercle devient tangent au microcosme germanopratin, à la sphère littéraire (ah ! la géométrie dans l'espace)

Marie Laure nous apporte des fromages de chèvre chauds en nous parlant de Modiano, le rapport n'est pas évident, sans doute du pain parisien « Pour que tu ne perdes pas dans le quartier » et « Un pedigree ». On retrouve par bribes les souvenirs de l'auteur nobélisé : mère actrice flamande "rejetante" père juif d'Alexandrie trafiquant du marché noir, construction chaotique, frère mort à 10 ans ; repêché par Raymond Queneau, il se lance dans la littérature. Ce timide qu'on voyait chez Pivot crée une ambiance dans le flou, plus que la littérature de la mémoire comme Proust c'est plutôt celle de l'oubli.



Ce soir, notre guest star est Henri : le chirurgien est à la retraite mais son charme opère encore.

Il nous présente : « La symphonie de Leningrad », de Sarah Quigley : Staline fait composer à Chostakovitch sa symphonie pour être jouée dans des hauts parleurs tournés vers les lignes allemandes pour faire lever le siège, son stratagème réussira.

« Peste et choléra » Patrick Deville la vie de Yersin et de toute la troupe de l'institut Pasteur on en avait parlé déjà - bon principe du cercle : on en reparle

« Le dérèglement du monde » Amin Maalouf, inquiétude lucide sur le risque engendré par le choc des civilisations arabe et occidentale. Amoureux de la vie, le nouvel académicien reste résolument optimiste et termine sur une note d'espoir : on doit s'élever moralement (comme Gramsci nous devons opposer au pessimisme de la raison l'optimisme de la volonté)



D. Toni :

« L'homme n'est pas la mesure de l'homme », de Xavier Emmanueli (pour Platon c'est la divinité ) submergé par la souffrance, empathie, soif de Dieu, notre action est "insignificante". Henri cite Mère Teresa "la goutte d'eau qui manquerait".

Toni poursuit sa collection "a very short story of ", cette fois : Indian philosophy.

La philosophie occidentale est basée sur le raisonnement donc ne parle pas de religion, alors que la philosophie indienne est liée avec la religion, différence aussi sur le concept de réincarnation.



E. Mô :

C'est sympa de voir repasser des ouvrages déjà présentés, ainsi à propos du "chardonneret" de Donna Tartt, Mô souligne la "lumière " du tableau de Frabitius et la clairvoyance des auteurs américains.

À propos du 4éme mur de Shalandon et de "L'immeuble Yacoubian " d'Alaa al Aswany, elle pense qu'un topo serait nécessaire pour éclaircir la complexité du Moyen-Orient et c'est la tâche que nous lui confions hypocritement pour le prochain cercle du 22 juin.

« Parle leur de batailles de rois et d'éléphants », Mathias Enard : Constantinople 1506, projet de construction d'un pont au dessus de la corne d'or par Michel Ange, le titre est la reprise d'une phrase de Kipling, Goncourt des lycéens 2010, allégorie d'un pont entre l'Orient et l'Occident.



F. Jean :

- Résurgences culturelles dans la vie quotidienne :

1. Un client entre à 18 h tandis que les cloches sonnent, je me souviens que mon père disait : "6 heures sonnèrent, Binet entra" C'est une asyndète dans Madame Bovary.

Dans "un peu de lecture ça peut pas faire de mal " sur France Inter on parle du « Nez » de Gogol, là, c'est une synecdoque : la partie pour le tout. D'autres figures de style : ellipse, anacoluthe, syllepse, antanaclase, catachrèse, écholalie, métonymie, tiens un zeugma :" Le duc de Gènes semblait en éprouver une très vive " Alphonse Allais

"Les deux choses que je reproche à Edouard Balladur c'est son menton "

"La stratégie consiste à continuer à tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on possède encore des munitions " Henri Monnier

2. En mangeant des grives, quand on mord dans la tête : résurgence des lectures de James Curwood "Bari chien loup" ou Jack London "l'appel de la forêt" ou " Croc blanc" sur l'instinct du loup de sentir le sang chaud couler dans sa gueule, souvenir reptilien d'un inconscient collectif animal.

- Choisir son parcours culturel, c'est aussi choisir sa vie. Relire la vie de Molière en bd m'amène à regarder sur You tube Le Misanthrope, là je retrouve un vers :" Le temps ne fait rien à l'affaire " que Brassens avait repris dans sa chanson : "Quand on est con, on est con ".

- Rencontré deux fois le mot uxorieux : se dit d'un homme qui se laisse commander par sa femme (autre exemple Lech Walesa :"je ne crains que deux choses : Dieu et ma femme")

Ambrose Bierce « Le dictionnaire du diable », des définitions à la Desproges :

absent : diffamé, entièrement dans son tort,

naissance : la première et la plus effroyable de toutes les catastrophes.

félicitations : politesse de la jalousie

uxorieux : se dit d'un homme dont l'affection pervertie s'est reportée sur sa propre femme

René sur le même sujet :"le lendemain de la noce elle s'est levée la première"

Marta évoque les livres et les conférences de Laurent Alexandre sur "la mort de la mort" : les progrès de la science vont rendre l'homme éternel…

À propos de la quiche qu'on "coupissoune", on parle de mots déformés, comme la "guiche" et de fautes de genre :"l'avenir d'un vipère qui tombe dans une étang n'est pas belle".

En finissant la traditionnelle tarte aux pommes "tuvoisbin", on évoque Françoise Chandernagor et les méditations consciente et transcendantale.

Nos thèmes récurrents auront été les relations homme-femme avec nos héroïnes Aliénor d'Aquitaine et Louise Michel, et les relations Occident-Orient, comment le "je réagis avec" l'Autre" (pour aller plus loin on pourrait citer Deleuze paraphrasant Rimbaud "je est un autre ", mais "cela est une autre histoire" comme disait Rudyard déjà cité, la boucle est bouclée)



Rendez vous le 22 juin pour le numéro 21 (l'assassin habite au 21)

colombeau
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